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32 dias de Luz 2025

 Je suis l'espace où je suis.  [Yo soy el espacio donde estoy]

Noël Arnaud, L'état d'ébauche.

 

 Derrière les discours de la parole, avoir "une chambre à soi" - discuté par Virginia Woolf - c'est obtenir un pied à terre. Il ne s'agit pas seulement d'un lieu physique et tangible, mais de la possibilité d'habiter une autonomie. Cet espace propre, manipulable, actif, est en constante médiation avec les économies qui le rendent possible.

 

Lorsqu'un espace contient tout un attirail de commodités pour l'individu - celui qui l'habite et l'actionne - des affinités se rétablissent à travers le lien. Les sens, la cohabitation, le dialogue et la mémoire s'enrichissent. Cette exposition travaille les espaces comme des lieux de transit entre ce que l'on a et ce que l'on aspire à avoir. Des peintures qui évoquent des intérieurs possibles, des moments figés, où la scène - à la manière de Hockney - devient paisible, lumineuse, presque tactile. Ici, la chambre à soi ne se regarde pas seulement : elle se souvient, s'imagine et se désire.

 

Mickaël Doucet part d'une catharsis dans son processus artistique, où les représentations domestiques deviennent une voie d'exploration personnelle continue. Il retrouve le plaisir de peindre à travers les tonalités vibrantes de Matisse et les coups de pinceau à la manière de Modigliani. Les "chambres à soi" de Doucet fonctionnent comme des accents qui définissent la précision de l'image et la réflexion sur le privilège. Automatiquement, le regard brise le quatrième mur, nous transformant en participants actifs de l'harmonie privée qui se déploie. Comme dans les prises de vue des productions d'Eric Rohmer ou de Luca Guadagnino, ces œuvres mettent en marche le regard voyeuriste, une perspective qui nous permet d'explorer l'intimité de ces espaces. Qui peut se permettre de tels répits, ces sanctuaires de sérénité ? Doucet franchit la ligne et convoque ces oasis personnelles dont nous pouvons tous faire partie, mais que peu peuvent habiter quotidiennement.

 

Salons, studios, terrasses, chambres privées qui oscillent entre la liminalité. Dans ces espaces - sous forme de scénographie théâtrale - l'impulsion de la curiosité ouvre un champ d'interprétation. Les intérieurs suggèrent plus que ce qui est visible : ils sont les témoins de rencontres, de quiétude et de plaisirs de propriétaires invisibles. Faisant le dernier pas dans cette exposition, il est fondamental de se rappeler que nous sommes invités à ces fenêtres de rêve. La fantaisie et la romance qui émanent de l'intérieur jouent un rôle clé dans la construction visuelle de l'exposition. La forme et le design de chaque composition constituent une vérité parlée depuis des pôles opposés : l'espace est sélectif.

 

Et depuis ici, sous les imaginaires de la présence, comment commenceriez-vous à voir votre chambre à vous ?

 

Je suis l’espace où je suis.
[I am the space where I am]
Noël Arnaud, L'état d'ébauche.


Behind the discourses of speech, having “a room of one’s own”—as discussed by Virginia Woolf—means gaining a foothold in
territory. It is not only a physical and tangible place, but also the possibility of inhabiting autonomy. That personal space—
malleable, active—is in constant negotiation with the economies that make it possible.
When a space offers a paraphernalia of comforts for the individual—who inhabits and activates it—affinities are reestablished
through connection. The senses, coexistence, dialogue, and memory are all enriched.
This exhibition explores spaces as sites of transit between what one has and what one longs to have. Paintings that evoke
possible interiors, suspended moments where the scene—reminiscent of Hockney—becomes serene, luminous, almost
tactile. Here, the room of one’s own is not just seen: it is remembered, imagined, and desired.
Mickaël Doucet begins with catharsis in his artistic process, where domestic representations become a path of continuous
personal exploration. He rediscovers the joy of painting through Matisse’s vibrant tones and Modigliani’s brushwork. Doucet’s
“rooms of one’s own” function as accents that define the precision of the image and a reflection on privilege.
Instantly, the gaze breaks the fourth wall, making us active participants in the unfolding private harmony. Like the frames of Eric
Rohmer or Luca Guadagnino’s films, these works trigger a voyeuristic gaze—a perspective that allows us to explore the intimacy
of these spaces. Who can afford such respites, these sanctuaries of calm? Doucet crosses the threshold and invites us into
these personal oases that all of us can desire, but few can inhabit on a daily basis.
Living rooms, studios, rooftops, private chambers oscillate between liminality. In these spaces—like theatrical stage sets—the
impulse of curiosity opens up a field of interpretation. The interiors suggest more than what is visible: they are testimonies of
encounters, stillness, and pleasures of invisible inhabitants.
As we take the final step in this exhibition, it’s essential to remember that we are guests peering through dreamlike windows.
The fantasy and romance of interior design play a key role in the visual construction of the exhibition. The form and design of
each composition convey a truth spoken from opposite poles: space is selective.
And from here, within the realms of presence, how would you begin to see your own room?

 

Je suis l’espace où je suis.
[Yo soy el espacio donde estoy]
Noël Arnaud, L'état d'ébauche.


Detrás de los discursos de la palabra, el tener “un cuarto propio”—disertado por Virginia Woolf—es obtener pie en territorio. No
sólo se trata de un lugar físico y tangible, sino de la posibilidad de habitar una autonomía. Ese espacio propio, manipulable,
activo, está en constante mediación con las economías que lo hacen posible.
Cuando un espacio contiene una parafernalia de comodidades para el individuo—quien lo habita y lo acciona—, se
reestablecen afinidades a través del vínculo. Se enriquecen los sentidos, la convivencia, el diálogo y la memoria.
Esta exposición labora los espacios como lugares de tránsito entre lo que se tiene y lo que se anhela tener. Pinturas que evocan
interiores posibles, momentos detenidos, donde la escena—al estilo de Hockney— se vuelve apacible, luminosa, casi táctil.
Aquí, el cuarto propio no solo se mira: se recuerda, se imagina y se desea.
Mickaël Doucet parte de una catarsis en su proceso artístico, donde las representaciones habitacionales se convierten en una
vía de exploración personal continua. Retoma el goce por pintar a través de las tonalidades vibrantes de Matisse y las
pinceladas al estilo de Modigliani. Los "cuartos propios" de Doucet funcionan como acentos que definen la exactitud de la
imagen y la reflexión por el privilegio.
Automáticamente, la vista rompe la cuarta pared, convirtiéndonos en partícipes activos de la armonía privada que se despliega.
Al igual que en las tomas de las producciones de Eric Rohmer o Luca Guadagnino, estas obras ponen en marcha la mirada
voyerista, una perspectiva que nos permite explorar la intimidad de estos espacios. ¿Quién puede permitirse tales respiros,
estos santuarios del sosiego? Doucet sobrepasa la línea y convoca a estos oasis personales de los que todos podemos ser
parte, pero que pocos pueden habitar cotidianamente.
Salas, estudios, azoteas, habitaciones privadas que oscilan entre la liminalidad. En estos espacios—en forma de escenografía
teatral—el impulso de la curiosidad abre un campo de interpretación. Los interiores sugieren más de lo que es visible: son
testimonios de encuentros, quietud y placeres de propietarios invisibles.
Dando el último paso en esta muestra, es fundamental recordar que somos invitados a estas ventanas de ensueño. La fantasía
y el romance que se desprenden del interiorismo cumplen un rol clave en la construcción visual de la exposición. La forma y el
diseño de cada composición constituyen una verdad hablada desde polos opuestos: el espacio es selectivo.
Y desde aquí, bajo los imaginarios de la presencia, ¿cómo comenzarías a ver tu cuarto propio?

 


Alejandra Villanueva Abdala ( text of 32 dias de Luz, solo exhibition at Lux Perpetua art center , Merida, Mexico

© 2024 par Mickaël Doucet / créé avec Wix.com

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