On porte son regard sur l’horizon. Et tout à coup, celui-ci se perd…Où va-t-il ?
Il n’y a rien, si ce n’est cette ligne horizontale que la mer forme sur le bleu du ciel…
Rien à voir, semble-t-il, rien à observer, rien à épier, rien qui ne satisfasse notre esprit avide de nouveauté…il n’y a plus que nous-même face au vide de notre existence…
Tout paraît alors d’une profonde vacuité. Une angoisse inexprimable qui grandit, des questions qui affluent…qui suis-je ?
Pourquoi ma vie ? Pourquoi maintenant ? Quelle est ma place dans cette immensité de l’univers ?
Pas de réponses.
Une grande solitude nous envahit alors.
Cette compagne précieuse nous accompagne tout au long de notre vie. Pourtant, nous nous entourons de nos semblables pensant un temps oublier nos angoisses existentielles. Nous vivons simplement, sans penser au lendemain, souvent pour occulter cette seule certitude, (celle que nous possédons tous dès le début de notre existence), celle de notre mort, sûre et indéfectible…Finalement nous ne faisons qu’attendre cet instant. Cette perception de nous-mêmes, nous l’avons très rarement, c’est grâce à cela que nous pouvons tenir, vivre et sans doute ne pas sombrer dans la folie. Futilité du monde qui nous entoure, superficialité des relations, apparats mondains, nous fuyons inconsciemment nos interrogations… C’est peut-être là la clé de la vie…
Les préambules à l’attente sont ces moments en suspens qui nous renvoient l’image de nous-mêmes, primitive et ancestrale, loin de toutes les vitrines de la civilisation, qui nous rendent égaux, tous sans exception, et que nous enfouissons dans l’oubli, petit à petit, pas à pas, en avançant vers cette mort qui nous obsède tant …
Les espaces sont dépouillés d’artifices comme cet horizon où notre esprit s’évade, les personnages ont le regard perdu, interrogateur, mélancolique parfois. Ils s’ennuient et essaient de comprendre. Tant de choses se bousculent dans leurs esprits confus…
Mais il n’y a rien qui soit définitif. Rien qui soit moribond. Les couleurs chaudes sont là pour les rassurer : il faut vivre espérer aimer…car rien ne s’arrête jamais…